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2 janvier 2010

Un cheval bien mystérieux

L’histoire de ce cheval est faite de mystères, de rebondissements et de croyances. Ce cheval, hors du commun, fait toujours l’objet de maintes interrogations concernant ses origines.

D’où vient-il ?

Comment un cheval peut-il être frisé ? Comment peut-il transmettre cette frisure ? Les origines de l’American Bahskir Curly restent un mystère encore aujourd’hui. Pour certains, il descendrait des chevaux de Sibérie élevés par le peuple des Bashkiri en Oural du Sud d’où le nom « Bahskir ». Mais cette origine est très contestée aujourd’hui et pratiquement abandonnée.


En fait, le Curly aurait traversé l’Atlantique avec les premiers Conquistadores. C’est la théorie retenue. Chevaux ibériques échappés ou volés aux colons par le peuple amérindien, ils seraient, comme les mustangs, leurs descendants. Pourtant d’où viennent leurs frisures ? Le gène frisé est assez commun chez les chevaux du pourtour méditerranéen mais « récessif ». C’est-à-dire qu’il ne se manifeste pas fréquemment. Comment ce gène jusqu’alors récessif est-il devenu dominant ? Cela fait partie d’un mystère de la génétique et aujourd’hui encore des recherches universitaires sont en cours. On pense que la taille restreinte des premiers troupeaux américains a forcé le gène à se révéler plus fréquemment. Ce n’est donc pas le résultat de transformations génétiques dues aux hommes. C’est bien la nature qui est à l’origine de cette espèce.

Les Indiens et les Curlies

La première trace des curlies date des dessins datant de 1801 montrant le peuple Sioux volant des curlies au Crow. Les montures des indiens sont légendaires. Ils avaient la réputation d’être fiers, solides, endurants, intelligents et courageux. Parmi ces chevaux, certains étaient frisés. Ceux-là étaient sacrés et réservés aux chefs et aux chamans. Ils étaient plus fiers et plus courageux. Il s’agissait des curlies, appelés « Buffalo Ponies », « les chevaux bisons » à cause de leur pelage laineux comme les bisons.

La tradition orale prétend que les chefs Sitting Bull et Big Foot montaient ces chevaux lors des combats contre l’armée américaine. Le chef Red Cloud les a même dessinés dans son combat contre le général Custer.

Les curlies descendent de ces montures. Certains sont encore sauvages et vivent en liberté dans des troupeaux de chevaux sauvages du centre et du Nord-Est.

La passion des Damele, premiers éleveurs non-amérindiens

Les Damele, une famille du Nevada, sont connus pour avoir été les premiers à se lancer dans l’élevage des curlies. Tout commence en 1898 lorsque Peter Damele et son père découvrent trois chevaux sauvages dont le corps est entièrement couvert de poils frisés… En 1932, l’hiver est particulièrement rigoureux. La plupart des bêtes, bétails et chevaux périssent. Seuls subsistent quelques rares chevaux de travail et les curlies sauvages. Les Damele sont obligés de débourrer ces chevaux pour pouvoir travailler leur terre. Les curlies se mettent au travail très facilement… Leur résistance et leur intelligence finissent par convaincre les Damele d’en faire l’élevage. Une vingtaine d’années plus tard, un deuxième hiver aussi terrible que le premier ne laisse qu’un étalon et quatre poulinières qui permirent aux Damele de continuer leur élevage et de faire découvrir le curly à tous.

De très nombreux Curlies sont encore de nos jours issus de la « lignée Damele ». Les éleveurs d’aujourd’hui se regroupent en deux catégories, l’une visant à préserver le format originel appelés « Early Curly Breeders » et l’autre visant à créer un format plus « sport » en effectuant des croisements pour obtenir un modèle plus grand de Curlies.

Les curlies aujourd’hui

Depuis le cheval curly en tant qu’espèce n’a cessé de se développer faisant de plus en plus d’émules à travers le monde. Aujourd’hui on compte environ 3 000 chevaux inscrits au stud-book mondial et 200 élevages dont une vingtaine d’élevages en Europe.

Au fur et à mesure de son essor des registres se sont constitués pour d’une part sauvegarder ces animaux de l’extinction (un grand nombre d’entre eux sont abattus par ignorance) et d’autre part pour fixer les règles de cette espèce. Il existe deux registres l’un fermé, l’ABC Registry, et l’autre encore ouvert, l’ICHO.

L’American Bashkir Curly Registry (ABCR), crée en 1971, tient le stud-book officiel de la race. Son livre a été fermé en 2000, ce qui signifie que seuls les Curlies issus de deux parents enregistrés à l’ABCR peuvent y être inscrits.

Crée en 2000, l’International Curly Horse Organisation (ICHO) tient un livre ouvert et enregistre tout cheval qui a le poil frisé et hypoallergénique ou dont l’un des parents présente ces caractéristiques.

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